1951 Le Vignoble et le Vin de Champagne by Georges Chappaz

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Préface

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Champagne 1 Mot prestigieux et universell Mousse légère, esprit qui pétille, chansons en bouteilles, jours de joie et de fête, heures de réussite, de victoire et de gloire, soutien des longs efforts, animateur des généreuses pensées l II a joué son rôle dans notre Histoire, le sort de la France s’est maintes fois décidé dans la Province dont il porte le nom. Comment ne serait-il pas la plus noble expression du génie de notre race? Que n’a-t-on pas déjà écrit pour le magnifier? Mais cette fois-ci il s’agit d’une œuvre qui fera époque car l’érudition g rejoint la compétence expé­ rimentale et technique avec la clarté de l’exposé. L’auteur, en rappelant en préambule le rôle joué par l’Association Viticole Champenoise passe volontairement sous silence la part éminente qu’il a prise lui-même à son action fructueuse et aux résultats féconds qu’elle a obtenus. Dut sa modestie en souffrir, celui qui s’excuse de se trouver son Président à l’Institut Natio­ nal des Appellations d’Origine, veut, dès le début de cette préface, rendre hommage à l’œuvre champenoise de Georges C happaz . Nommé Professeur départemental d’agriculture de la Marne dès 1904, c’est-à-dire dix ans à peine après sa sortie de l’Ecole de Montpellier, il arrive en Champagne en pleine extension du phylloxéra. Avec toute son\ énergie, il empoigne sur-le-champ le problème de la lutte et de la reconstitution. Si, lors de son départ en Tunisie en 1913, 130 Syndicats locaux correspon­ dent avec l’A.V.C., si les chambres de stratification fonctionnent à plein, si 2.250.000 mètres de sarments greffables ont été achetés cette année-là, il oublie de dire que c’est à son action persuasive opiniâtre qu’on le doit en grande partie. Il avait su aussi maintenir la liaison existant entre la Propriété et le Commerce au sein de l’A.V.C. Et pourtant cette tâche était singulièrement délicate au lendemain du drame de 1911. Dès la fin de la guerre, en 1919, il est détaché en mission spéciale par le Ministère en qualité de Directeur de l’A.V.C. en vue de la reconstitution du vignoble ruiné à la fois par la guerre et par le phylloxéra. Là, fort de son expérience antérieure, il donne sa pleine mesure. La surface cultivée des vignes champenoises était réduite de moitié. Certains, désespérés, dou­ taient de l’avenir et abandonnaient leur exploitation sans espoir de renou­ veau. Georges Chappaz, animateur de l'A.V.C., insuffla la foi, rétablit la con­ fiance, galvanisa les énergies, poussa à l’organisation, établit une collabo­ ration plus efficace entre la Propriété et le Commerce permettant d’assurer XV

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