1855 Traité des liqueurs, et de la distillation des alcools ou, Le liquoriste et le distillateur modernes
DES LIQUEURS, H3 son, qu'un peu d'anis vert et de fenouil font disparaitre la petite odeur de punaise que l'on reproche à la badiane; l'ambre seul ne donne presque pas de parfum : une mi.. nime quantité de musc lui donne le relief nécessaire; seul, le coing est désagréable, un peu de girofle relève et corrige i:;on odeur; l'arrière-goût de la cannelle est corrigé de même par le girofle; la vanille, pilée avec du sucre, a plus d'arome que si on ne la triturait pas avec celte substance, el l'ab11inlhe elle-même troun sa place dans les liqueurs, .pourvu que le zeste de citron, s'as– sociant à son parfum, en fasse disparaître l'amertume. L'exactitude des principes que nous posons a donné lieu, en 17:S8, à un système qui prétendait qu'on pouvait composer autant de liqueurs que d'airs de musique. M. le Camus, dans son ouvrage intitulé la Médecine ck l'uprit, avait déjà pensé qu'il serait possible d'établir une musique savoureuse, analogue à la musique acous– tique; l'auteur de la Chymie du goût et ck l'odorat a dé- 1eloppé cette idée, et comme cela peut être pins utile qu'il ne le paraît au premier coup d'œil, nous expos~rons en peu de mots le senliment de cet auteur. •L'agrément des li'lueurs, dit-il, dépend du mélange des sa,·eurs dans une proportion harmonique. Les saveurs consistent dans les vibrations plus ou moins fortes des sels, qui agissent sur les sens du goût comme les sons consistent dans les vibrations plus ou moins fortes de l'air qui agit sur les sens de l'ouïe : il peut donc y avoir une musique pour la langue et le palais, comme il y en a pour les oreilles. Il est très-vraisembla– ble que les saveurs, pour exciter différentes sensations dans l'âme, ont, comme les corps sonores, leurs tons gé-
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